Lecture

Par Leandro Gilgen, éducateur du SER

 

L’obligation de résultats en éducation

Claude Lessard / Philippe Meirieu

Ed.De Boeck / 2ème édition 2005 / 327 Pages

 

Remerciements

A, Willy Marro, pour m’avoir encouragé et permis d’entreprendre la formation L3 Science sociale et humaine, ainsi que pour son aide précieuse, surtout dans cette période éprouvante qu’est la dernière ligne droite, sans lui je n’en serais pas là.

A, Mes enfants, Joshua, Jaïmé, Jaïro et Jomercinhas pour leurs encouragements.

A, Jézabel Gilgen, pour la souplesse dans la gestion des enfants.

A, Mme Karina Penello, pour son soutient au quotidien. A, Mme Jaqueline Moreau, Directrice dépt. Sciences de l’éducation ESPE, Académie de Dijon, université de Bourgogne, pour avoir accepté de me soutenir dans l’aventure de ce mémoire.

 

M. Claude Lessard :

Claude Lessard est un sociologue enseignant Québécois il a occupé durant sa carrière le poste de doyen, de professeur en sociologie, de directeur de programme et c’est aussi intéressé à la recherche au sein de la faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal.

Depuis 2011 Claude Lessard est le président du conseil supérieur de l’éducation du Québec.

IL a aussi été le directeur du laboratoire de recherche et d’intervention portant sur les politiques et les professions en éducation, membre du Bureau de direction du centre de recherche inter-universitaire sur la formation et la profession enseignante, M.Claude Lessard est titulaire de chaires de recherche sur les métiers de l’éducation à l’Université de Montréal.

Après avoir effectué des études doctorales en éducation au sein de l’Université de Toronto en 1975, il est arrivé à l’Université de Montréal en occupant divers postes d’enseignant, directeur de programmes, vice-doyen de 1981 à 1985.

Pendant 12 ans il à occupé les fonctions de directeur de laboratoire de recherche et d’intervention portant sur les politiques et les professions en éducation. M. Claude Lessard a été titulaire de la Chaire senior de recherche du Canada sur le personnel et les métiers de l’éducation (2001 – 2008), ainsi que de la Chaire de recherche de l’Université de Montréal sur les métiers de l’éducation (2008 – 2011).

En septembre 2011, il a été nommé président du Conseil supérieur de l’éducation du Québec pour une durée de quatre ans.

M. Philippe Meirieu :

Philippe Merieu né en 1949 à Alès ( Gard), écrivain et chercheur français , spécialiste des questions d’éducation et de pédagogie. Fût très investi dans les réformes pédagogiques (instauration des modules au lycée ainsi que des IUFM au début des années 1990. Il est actuellement vice-président de la région Rhône-Alpes, chargé de la formation tout au long de la vie.

Après avoir obtenu une maîtrise a Paris il devient professeur de philosophie en lycée, puis passe un CAP d’instituteur puis enseigne le français en collège privé à Lyon. IL passe ensuite une thèse d’Etat en 1983 en sciences humaines avec comme sujet de recherche les pratiques de groupe en situation scolaire. Aujourd’hui M.Philippe Meirieu enseigne les sciences de l’éducation à l’Université de Lumières-Lyon 2.

Directeur de l’institut des sciences et pratiques en éducation et de formation (1994-1998),de l’Université Lumière-Lyon 2, puis devenu directeur de l’INRP en 1998, il en démissionne en 2000, estimant au côté des enseignants, que la poursuite de la rénovation pédagogique est gravement compromise.

Auteur de nombreuses recherches, articles et ouvrages, « l’obligation de résultats en éducation, faire l’école, faire la classe » et bien d’autres ouvrages en éducation. M.Philippe Meirieu est considéré par certaines revue comme étant le pédagogue le plus écouté parmi nos gouvernants.

Résumé :

Cet ouvrage est écrit par deux auteurs Claude Lassard et Philippe Meirieu qui aborde « l’obligation de résultats en éducation » à travers leurs propres regards de la problématique que sont les enjeux et évolution en éducation. Quel sont les divers rôles au sein de institution scolaire entre enseignants et parents, entre école dite de service et école en terme d’institution dans un contexte explosif que sont les réformes scolaires ? Les thèmes abordé dans l’ouvrage nous parle d’école consumériste en lien avec une certaine irresponsabilité sociale , d’un certain marché scolaire entre établissement privé et publique,mais aussi en terme d’élaboration de manuel scolaire ou encore de ce qui touche au soutien scolaire souvent payant et qui n’as plus de lien direct avec l’école de la république et l’égalité des chances. L’idée de l’école service tel que connue en « Grande-Bretagne » né avant l’école institution était au service des familles et des parents qui voulaient le meilleur pour leurs enfants. Les lois Jules Ferry qui ont dans le système scolaire français, établi le primat de « l’école institution », » sur l’école service » car pour ce dernier  seule l’école à le droit d’éduquer. Dans une vision Québécoise de l’obligation de résultats Claude Lassard nous invite à se questionner sur les outils utilisés plus fréquemment en management d’entreprise qu’en éducation en lien avec des termes telle que la productivité, la compétition, normes ISO, et bien d’autres..

Claude Lassard nous plonge dans un système scolaire au mérite, où il y a les bonnes école et les mauvaise écoles, ou l’on trouve de très bon enseignants et de mauvais enseignants avec comme en Amérique la remise de bulletin scolaire noté destiné à tous les parents ayant ou pas soutenus ou accompagné convenablement leurs enfants dans les devoirs et tâches éducatives durant l’année scolaire.

L’obligation de résultats des universités québécoise doit être posée dans son contexte économique et politique spécifique, c’est ce que nous propose comme réflexions Marc-André Deniger, la baisse du financement public des universités durant les années 1980 et 1990, couplé à de sévères coupes budgétaires qu’elles provoquent, jumelées à la baisse des effectifs étudiants, ont modifié l’institution universitaire. Entre accessibilité, réussite, qualité, performance et efficience !

Les obstacles et limites à l’application généralisée du principe d’obligation de résultats, soulève la problématique des enjeux multiples de l’action collective, Marc Tardif, appelle celas les enjeux multiples de l’action collective, son développement tourne autours de 4 axes de réflexions.

Plusieurs chapitres reviennent sur la standardisation des tests en milieu scolaire ainsi que sur la méthodologie de passation de ces derniers, avec en ligne de mire la quantité et la mesure, sujets controversés par plusieurs études et analyses avec lesquelles le lecteur se forgera une opinion propre et éclairée.

Quelques chapitres nous plongent dans diverses réformes, évolutions ou encore mutation du système politique et de l’éducation à travers une réflexion globale des différents systèmes de formation Canadien. Ceci avec la prise en compte des aspects financiers, d’efficience ou encore de la régulation entre les divers acteurs.

Une partie de l’ouvrage est consacrée aux minorités et de l’impact de l’évaluation des résultats pour ces derniers, avec la mise en évidence des dérives possibles du système de notation.

Cet ouvrage aborde aussi l’obligation de compétences et d’analyse du travail de l’enseignant, avec en toile de fond une idée de redevabilité que l’auteur explore avec lucidité. La mise en perspective de l’obligation de résultats avec la notion de compétences des enseignants est un enjeu d’actualité pour les parents qui peuvent être souvent revendicateurs d’une sorte de contrat entre école et besoin de la société. Dans les derniers chapitres les auteurs partagent avec le lecteur l’obligation de résultats en lien avec les incompétences des enseignants à travers cinq typologies mises en évidence. On appréciera la volonté d’introspection des auteurs sur ce thème qui est très actuel mais assez souvent ignoré ou mis de côté par un corps enseignant très corporatiste.

La conclusion rédigée par Claude Lessard de l’université de Montréal, apporte diverses pistes de réflexions et d’améliorations du système scolaire, le lecteur retrouvera son souffle.. Pour construire une école où il fait bon vivre et ou la responsabilité collective serait mise en avant, au détriment de l’individualisme. On sent chez Claude Lessard beaucoup de positivisme se qui est fort agréable. La mise en avant de l’obligation de moyens en opposition à l’obligation de résultats font partie des diverses pistes explorées.

L’obligation de résultats en éducation

Cet ouvrage écrit par Philippe Meirieu et Claude Lessard est intéressant car il démontre les évolutions, perspectives et enjeux internationaux, de l’obligation de résultats en éducation à travers 15 intervenants qui chapitre après chapitre emmènent le lecteur dans divers éclairages des diverses problématiques de l’obligation de résultats. L’éclairage donnée par les intervenants venant d’horizons professionnels divers : psychologues, éducateurs, sociologues donne au livre un intérêt très intense.

Dans le premier chapitre Philippe Meirieu nous invite à se questionner sur la pression que peut exercer la consommation en éducation en lien avec l’irresponsabilité sociale, cet éclairage est d’une importance capitale dans une société du « tout tout de suite » entre responsabilité collective et individuelle, mais aussi entre « école service » et « école institution ». Cet éclairage est certainement en lien avec l’actualité et les problématiques scolaires d’aujourd’hui. La place et le rayonnement de Philippe Meirieu dans le paysage de l’enseignement et de la pédagogie et ceci bien au delà du paysage français donne à ce chapitre un poids tout particulier. L’auteur de se chapitre est écouté et influence les instances  et dirigeants français en charge de l’enseignement et de la pédagogie, ce qui espérons le n’aura pas comme résultat une vision seule et unique des diverses problématiques.Ce chapitre apporte une vision assez globale au lecteur avec divers pistes sur la profession d’enseignant qui pourrait heurter la sensibilité de ces derniers.

Le second chapitre rédigé par Claude Lessard, où l’auteur met en évidence le sens de « l’obligation de résultats » dans un contexte actuel en faveur d’un système éducatif plus performant, dans divers contextes historiques. Le poids des normes, de l’efficience, productivité, etc. Termes venant plus du monde du management ou de l’industrie, que du domaine de l’enseignement sont un point de vue riche en termes de sens. La provenance de l’auteur (Université de Montréal) est intéressante, car on observe, bien souvent, une grande distance entre nos diverses conceptions très européenne des problèmes en éducation par rapport aux évolutions Canadiennes qui, vraisemblablement ont une avance certaine en terme de réflexions et d’actions au seins des institutions et de la pédagogie.

Le chapitre suivant écris par Jean-Pierre Proulx, aborde entre autre la satisfaction des parents et des enseignants entre écoles publiques et privées. Ce chapitre est agrémenté d’innombrables feuillets de l’enquête, « Opinéduq » consultable en ligne. On regrette dans ce chapitre les très nombreuses références consultables dans la base de donnée citée plus haut, cela extrait le lecteur du livre pour acquérir les informations supplémentaires ce qui est dérangeant au vu du nombre d’annotations. Cependant les explications données par l’auteur suffisent à comprendre le sens de ce chapitre, le lecteur ne souhaitant ne pas rester en surface en terme de connaissances aura quand même l’envie de se plonger dans « Opinéduq », ce qui pourra être parfois long et fastidieux.

Le quatrième chapitre nous faist revenir en France avec la rédaction de Jacky Beillerot de l’université de Paris, avec comme titre de chapitre « une méthode de formation de l’opinion publique ». Ce chapitre, fort intéressant, mettant entre autres, face à face, famille et école, mais aussi les divers mécanismes de responsabilités, de jugements, de sanctions et de récompenses. On regrettera qu’il ne fasse que trois pages, car le lecteur peut avoir la sensation de survoler le thèmes qui est cependant très actualisé.

Les deux sections suivantes rédigés par Jean-Jaques Paul de l’Université de Bourgogne et Guy Pelletier de l’Université de Montréal avec, comme thème, l’économie occidentale mais aussi dans les pays en développement . Ce thème est, pour un professionnel de l’éducation, parfois complexe et émotionnel dans sa compréhension, car il met en évidence la réalité de l’économie en terme d’investissements versus résultats. Le lecteur œuvrant dans le domaine éducatif a bien souvent comme revendication, le manque de moyens pour mener à bien sa mission professionnelle au sein de son institution. L’auteur explique avec maestria l’importance des ressources consacrées en éducation, en lien avec les résultats. Guy Pelletier commence le chapitre avec un proverbe africain «  il faut tout un village pour éduquer un enfant », proverbe qui a tout son sens dans une société occidentale assez fortement colorée par l’individualisme ou la responsabilité collective prend de moins en moins de place. Cependant l’auteur de ce sixième chapitre a scindé en deux ce dernier avec comme premier grand thème : la décentralisation et le second : l’enseignement privé. L’anagnoste pourra regretter de ne pas pouvoir approfondir ces thèmes qui font couler beaucoup d’encre et sont dans l’air du temps. Malgré tout, les informations sont généreuses et permettent de se faire une idée assez générale de la problématique soulevée.

Le septième chapitre écrit par Lise Demailly de L’Université de Lille1, plonge le lecteur dans des réflexions concentrées sur la politique d’éducation prioritaire en France. Un des chapitres le plus long avec neuf pages, le liseur peut apprécier la structure du chapitre, Lise Demailly propose quelques problématiques, ( le sujet est vaste), qui sont abordées de façon pragmatique mais aussi philosophique, avec la mise en évidence de chaque effet positif et négatif des idées émises.On appréciera les quelques pistes très concrètes offertes et qui concerne la mise en œuvre de l’obligation de résultats, avec en guise de conclusion un tableau récapitulatif qui apportera une certaine clarté dans un thème malgré tout assez complexe. Agrégée de philosophie et ayant fait de nombreuses recherches sociologique sous la supervision de Pierre Bourdieu (certainement le plus grand sociologue du xxème siècle). On sent chez Lise Demailly une certaine influence de son maître ce qui donne à son texte une inspiration très philo-sociologique autrement dit quand un idéal peine à rejoindre la réalité.

Jean-Guy Blais de l’université de Montréal aborde au huitième chapitre la découverte de deux concepts. Le premier est celui de l’obligation et le second de résultats. Cette section fait  partie des plus longs avec onze pages, le liseur lambda peut rencontrer quelques difficultés de compréhension durant deux pages, car l’auteur nous emmène dans des explications métaphysiques en lien avec des unités de mesures avec lesquels tout le monde n’est pas familier. Malgré tout, après une relecture de ces quelques pages il parviendra vraisemblablement à se situer dans sa propre compréhension des illustrations proposées.

Le chapitre suivant rédigé par Marc-André Deniger, Véronique Brouillette et Canisius Kananzi de L’université de Laval, nous plonge dans les réformes ou dérives politiques des universités Québécoises. Ce neuvième chapitre donne au liseur un éclairage très pointu sur les difficultés rencontrées par les Université Québecoises en terme de financement des institutions, mais aussi sur les réformes indispensables du système pour un meilleur fonctionnement. Le chapitre est agréable à lire car il est plein d’espoir à partir du moment ou un véritable débat politique sur l’université a eu lieu. On apprécieras l’ouverture d’esprit et la volonté des rédacteurs et rédactrices de ce chapitre d’expliquer avec clarté les diverses évolutions de la politique québecoise à l’égard des universités.

Le dixième chapitre écris par Diane Gérin-Lajoie de l’université de Toronto porte sur l’impact de l’évaluation des résultats scolaires chez les élèves des minorités, ce chapitre met en évidence la puissance des milieux gouvernementaux et éducatif. On apprécie la perspective du texte en lien avec la réalité sociale ambiante qui insiste sur l’importance de développer des instruments communs qui permettront de mesurer le savoir des élèves de façon générale, ceci sans prendre en considération les spécificités du milieu de vie des élèves. L’auteur exprime diverses explications en lien avec les résultats obtenus lors de l’administration de test, ce qui donne au lecteur une vision d’ensemble de la problématique.

La rédaction du chapitre onze écrit par Louise M.Bélair de l’Université d’Ottawa pose la problématique des dérives de l’obligation de résultats. C’est une section assez court de cinq pages qui laisse au liseur un goût d’inachevé, la rédactrice de se chapitre met une fois de plus en évidence les inpout / output dans sa vision  économique et politique et ses dérives.

L’auteur ayant rédigé ce texte dans l’année 2004, cette dernière semble avoir le recul nécessaire quand à sa propre perception des diverses réformes du système scolaire de l’Ontario et leurs évaluation qui datent de 1997. Ces expressions marquent l’enthousiasme et la conviction de la locutrice à travers l’expression des nuances de son point de vue sur l’évaluation des enseignants et des enseignantes. Cependant le liseur regrettera une conclusion assez brève du chapitre qui est impersonnelle.

Maurice Tardif de l’université de Montréal nous emmène dans la douzième section dans ce qu’il appelle « les organisations de service public et l’obligation de résultats en éducation : plaidoyer pour un principe de responsabilité limitée ». On appréciera que l’auteur expose sa thèse de façon explicite à travers quatre sous – chapitres qui sont très denses et complets. Il est bien sûr impossible de faire le tour de toutes les caractéristiques et donc le choix s’est porté sur ce qui parait le plus important pour une compréhension des divers problématiques.

Les deux chapitres suivants rédigés par Philippe Perrenoud de l’université de Genève et de Bernard Rey de l’université de Bruxelle, nous exposent un questionnement qui est très intense dans l’actualité scolaire d’un point de vue des parents, avec comme débat de rendre compte dans le métier d’enseignant. L’auteur craint que les responsables professionnels de l’enseignement se sentent contraints à une obligation de résultats sans limite. Il est intéressant de prendre connaissance des études antérieures de M. Perrenoud datant de 1996,1997,1998, afin d’approfondir sa compréhension. Le texte est dense mais assez agréable à lire.

Bernard Rey expose les difficultés et contradictions au niveau des compétences utiles dans la vie.. « La notion de compétences permet-elle de répondre à l’obligation de résultats dans l’enseignement ? » Bernard Rey expose avec justesse l’adéquation entre les attentes de la société et l’école qui contrairement à l’école de la troisième République sous J.Ferry mettait plus l’accent sur éduquer plutôt que d’instruire, orientations et notions déjà présentes dans les écoles révolutionnaires de 1789, J.Ferry appelle celà une « préparation à la vie ». Le lecteur ayant connaissance des diverses mutations du système scolaire appréciera de lire ce chapitre qui est en phase avec son temps.

Le quinzième chapitre rédigé par Mireille Cifali de l’université de Genève, est un manifeste à l’intention des éducateurs – parents, enseignants, monde politique, mais aussi des élèves.

Historienne et psychanalyste, elle apporte un regard qui est riche et intéressant sur l’envers et l’endroit d’une obligation de résultats. On ressent chez Mireille Cifali une réflexion globale à travers la place que devrait avoir les divers intervenants cités plus haut. Elle pose des réflexions individuelles qui sont essentielle mais qui sont certainement trop souvent mises de côté par le monde éducatif au sens large.

La rédaction de la section suivant par Yves Lenoir de l’université de Sherbrooke, aborde la compatibilité entre les attentes néolibérales et les visées éducatives. On sent chez le rédacteur une certaine méfiance en lien avec « la version néolibérale de la globalisation des résultats en éducation ».

On appréciera la démonstration de Yves Lenoir d’un point de vue éthique de la perversité d’un discours néolibéral  et de ses effets débilitants, aliénants, sur les êtres humains. Le rédacteur de ce chapitre est né en 1942 en plein courant néo-libéral français qui de 1930 à 1960 était dans son heure de gloire, devenu instituteur en 1962 au travers de l’école normale, laisse à supposer que Yves Lenoir ait vécu les très nombreuses et douloureuses mutation du système scolaire et de formation. Se qui donne du poinds à son chapitre

Le dernier chapitre écrit par Clermont Gauthier de l’université de Laval, nous plonge dans un thème qui concerne les enjeux de l’obligation de résultats en éducation au regard du défaut de performance des enseignants, un thème très actuel.

Le liseur appréciera de la part de M.Gauthier, qui est enseignant de formation, de prendre le risque d’avoir un aspect critique sur lui même ainsi que sur les enseignants en général. Ceci en lien avec leurs propres performances, cela est assez rare pour être souligné, car ce sujet est bien souvent mis dans l’armoire des tabous. L’auteur expose avec brio et clairvoyance cinq types d’insuffisances professionnelles. On ressent une certaine mais trop rare introspection chez ce professionnel de l’enseignement cela donne du sens et surtout amène un regard critique de la profession.

La conclusion rédigée par Claude Lessard, est très agréable à lire. On sent chez le rédacteur une volonté de recherche constructive de solutions en lien avec les nombreuses problématiques développées dans cet ouvrage.

Ce livre comporte des difficultés d’un point de vue de la critique. Les conséquences du nombre important d’auteurs est que le liseur devra avoir une vision critique chapitre après chapitre afin de respecter et de s’approprier les sensibilités littéraires de chaque auteur. Cependant, les très nombreuses sections d’auteurs venant d’horizon différents ont comme conséquences d’apporter au lecteur une vision assez pointue des diverses problématiques en lien avec l’obligation de résultats en éducation. Le côté plutôt positif d’un tel ouvrage réside dans la grande multiplicité des regards et des visions, le lecteur appréciera cette ouverture qui lui permettra de construire peu à peu sa propre vision de l’obligation de résultats en s’inspirant des diverses apports de se livre.

Évidemment que l’obligation de résultats en éducation est en lien avec l’échec scolaire, on aime ressentir dans cet ouvrage le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide pour parler de cette problématique que sont les systèmes de formation et les éléments qui la composent. Les neuf dernières pages de l’ouvrage sont alimentée de nombreuses références, littéraires mais aussi d’enquêtes, recherches, qui permettront au liseur d’approfondir et enrichir sa connaissance.

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